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Le Jugement de Takfîr sur un individu spécifique ne revient qu’aux savants enracinés dans la science - 3ème Partie

Écrit par Plusieurs savants. Publié dans 'Aquidah et Manhaj (Croyance et méthodologie)

> 3ème Partie

Le Jugement de Takfîr sur un individu spécifique ne revient qu’aux savants enracinés dans la science.

Explications de Sheikh ‘Abdel-‘Azîz Âli Cheikh - le Moufti d’Arabie Saoudite et l’éminent savant Sheikh Sâlih Al-Fawzân et Sheikh ‘Oubayd bin ‘Abdillâh bin Soulaymân Al-Jâbirî et D. Ahmad bnou Soulaymân bni Youssouf Al-‘Arînî - qu’Allah les préserve. Avec une réponse de Sheikh Ahmad bin Yahyâ An-Najmî (qu'Allah lui fasse miséricorde)

> Traduit de l’arabe par votre frère Mehdi Abou Abdirrahman


At-Takfir :

"Fait partie des choses connues et établies dans la Religion que l’avis juridique donné (fatwâ) dans tous les points de la jurisprudence (fiqh) est (une responsabilité) exclusive des savants qui connaissent les sources des preuves et les buts de la Législation ; donner cet avis juridique est illicite à toute autre personne qui a moins de science.

Que dire alors de donner un avis juridique sur une personne (donnée) comme étant sortie de la Religion et de l’expulser de l’ensemble de l’Islam et de nier qu’elle possède la base de la Foi !

Il n’y a aucun doute que l’affaire est grave, très grave et cela surtout (lorsque l’on sait) que les savants ont beaucoup divergé dans des points sur l’excommunication (takfîr : le fait de juger quelqu’un mécréant) d’une divergence difficile à comprendre.

L’excommunication (takfîr) est le jugement d’Allah et de Son Messager صلّى الله عليه و سلّم , il est donc obligatoirement exclusif aux savants émérites. L’imam Ach-Châfi’î qu’Allah lui fasse miséricorde a dit :

"Allah n’a permis à quiconque après le Messager d’Allah صلّى الله عليه و سلّم de parler qu’avec une science qui l’a précédé et cette science est Le Coran et la Sunnah et le Consensus et les âthâr et ce que j’ai décrit comme analogie. Et ne peut pratiquer cette analogie que celui qui a regroupé (la connaissance) des outils qui lui permettent de faire cette analogie et c’est la science des jugements du Livre d’Allah, de ses obligations prescrites et de sa prose et de son abrogeant et de son abrogé et de son général et de son particulier et de sa guidance."

Fin de citation : voir Ar-Risâlah d’Ach-Châfi’î p.508.

Al-Imâm Al-Ghazâlî1 qu’Allah lui fasse miséricorde a dit : "Et sache que la science de ce par quoi on juge mécréant et ce par quoi on ne juge pas mécréant requiert un long développement qui nécessite que l’on cite toutes les paroles et toutes les écoles juridiques ainsi que l’ambiguïté de chacun et sa preuve et son éloignement du (sens) apparent et la raison de son interprétation ; cela ne peut-être contenu dans (quelques) volumes et mon temps n’est pas assez vaste que pour expliquer (tout) cela. Satisfais-toi donc d’une recommandation et d’un principe : quant à la recommandation, c’est que tu tiennes ta langue en ce qui concerne les gens de la qiblah (les musulmans) autant que tu le peux et tant qu’ils disent que "nul est en droit d’être adoré à part Allah et que Mohammad est le Messager d’Allah" et qu’ils ne commettent pas une annulation (de l’Islam)…. (Jusqu’à ce qu’il dise) : car il y a un danger dans le fait de juger quelqu’un mécréant et il n’y a aucun danger quant à se taire. (Jusqu’à ce qu’il dise) : s’abstenir de juger quelqu’un mécréant est meilleur tandis que se précipiter à juger quelqu’un mécréant c’est ce qui prédomine la nature de ceux chez qui l’ignorance prédomine." Fin de citation.

Voir Fayçalou At-Tafriqati bayna Al-Islâm wa Az-Zandaqah p.73.

Je dis (l’auteur du livre) : il nous est obligatoire ici de nous arrêter sur les points suivants :

1- La différenciation entre la mécréance originelle et la mécréance d’apostasie ; quant à la mécréance originelle il n’y a aucune dispute à ce sujet et c’est de juger mécréants les mécréants tels que les Juifs et les Chrétiens etc… En ce qui concerne la mécréance d’apostasie – qui advient- c’est là où les pieds (peuvent) glisser et que les troubles peuvent arriver surtout en ce qui concerne le fait de juger mécréant un individu spécifique. Car l’erreur, l’ignorance, l’incapacité et la contrainte sont toutes des empêchements qui empêchent de juger un individu spécifique mécréant. Il faut donc absolument que se retrouvent la science, l’intention, la volonté et l’absence d’ambiguïté pour que l’on juge quelqu’un de spécifique mécréant. Et il n’est possible de juger quelqu’un mécréant qu’avec une preuve catégorique de la Révélation ; il n’y a aucune place (dans ce domaine) pour la raison ou le doute ou la divergence.

2- Allah Le Très-Haut ne nous a pas incités à l’adorer par le Takfîr. Il n’y rien dans les textes du Coran et de la Sunnah et les paroles de pieux prédécesseurs –d’après ce que je sais- qui indique le désir ardent de la Législation et son aspiration au takfîr tandis que nous y trouvons la mise en garde et l’intimidation en ce qui concerne le takfîr. Il ne convient donc pas au musulman qu’il s’occupe à juger les autres mécréants tant qu’il n’y a pas une mécréance claire sur laquelle il est obligatoire de poser un jugement de la part des gens de science et des leaders religieux car des jugements découlent du takfîr qui impliquent l’intervention des gouverneurs et des juges afin de les mettre en application.

3- Donner le jugement de takfîr est spécifique aux gens de science et aux leaders religieux qui détiennent la responsabilité et l’imamat légiféré car lorsqu’ils jugent quelqu’un mécréant ce jugement de takfîr porte ses fruits et les gens les suivent dans leur voie et les dirigeants mettent en application leurs jugements et la masse des gens prend leur avis. Tandis que les particuliers parmi les étudiants en sciences islamiques et le commun des musulmans ils n’ont aucun accès au takfîr en raison de ce qui résulte de ce qu’ils émettent comme jugement de takfîr comme précipitation et l’absence de profondeur dans la science et dans la Religion et l’absence de vérification que les conditions soient réunies et les empêchements soient absents.

4- Lorsqu’on trouve le takfîr facile, les troubles apparaissent comme les parties de la nuit assombrissantes et les feux s’embrasent dans les sociétés des musulmans d’un embrasement qui apaise leurs ennemis et rend heureux ceux qui sont malveillants envers eux. Et combien les pays musulmans ont souffert de cette épreuve du takfîr à travers les époques depuis les premiers siècles jusqu’à aujourd’hui à tel point que les musulmans ont été occupés au lieu de leurs adorations et de leurs rites apparents par le fait de s’entretuer et le sang a coulé et les demeures ont été détruites et les biens ont été perdus et tout cela en raison du takfîr émis par ceux qui ne sont pas compétents en la matière.

5- Il n’est pas possible de mettre fin à tous les troubles car telle est la règle d’Allah Le Très-Haut dans Sa création mais ce qui est obligatoire aux sociétés islamiques, leurs gouvernements et leurs peuples, c’est de donner de l’importance à la fatwâ et aux muftis afin de préparer des muftis compétents dans la Législation Islamique et d’orienter les sociétés vers eux afin que les choses soient maintenues dans l’ordre et que les avis religieux soient unis à un niveau suffisant ou raisonnable et ce afin de préserver la société des courants arrivants et à partir de cela de revenir à la Législation d’Allah Le Très-Haut pour juger avec vérité après cela ceux qui se séparent du corpus des musulmans".

Source : An-Nahj Al-Aqwâ fî Arkân Al-Fatwâ du juge D. Ahmad bnou Soulaymân bni Youssouf Al-‘Arînî tiré du chapitre ayant pour titre "Qui possède la fatwâ dans le takfîr ?" p.401 à 404 aux éditions Dâr Al-‘Âsimah livre préfacé par son éminence le mufti d’Arabie Saoudite Sheikh ‘Abdel-‘Azîz bin ‘Abdillâh Âli Ach-Cheikh et son éminence le membre du comité des grands savants d’Arabie Saoudite Cheikh Sâlih bnou Fawzân Al-Fawzân qu’Allah les préserve tous deux.

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